En 1427, le Val est propriété de Jehan du Val. Mais, des alliances basses bretonnes font émigrer les seigneurs du Val dès le xvième siècle dans le pays de Morlaix. Dès lors, le Val Guildo appartient à Amaury Gouyon, baron de la Moussaye, qui reconstruit le Val en 1571 pour son fils Charles.
Charles Gouyon est converti au protestantisme par sa femme, Claude du Chastel. Il se terre au val après le massacre de la St Barthélémy (1572) et y facilite la fuite de plusieurs coreligionnaires. En 1585, un édit du roi Henri III interdit le culte réformé.
Le prince Henry de Condé, chef du parti huguenot, après la déroute d’Angers, cherche refuge en Bretagne. Il s’embarque à St Cast avec quelques compagnons et un vent contraire les oblige à faire étape au Val où Mme de Gouyon les accueille.
Le Lendemain, ils appareillent pour Jersey. Durant ce temps, Charles de Gouyon, revenu à la foi catholique, est à Paris au service du roi. Sa femme meurt en 1587, agée seulement de 34 ans. Lui-même décède en 1593.
En 1680, le Val appartient à Henri Gouyon, marquis de la Moussaye, arrière petit fils de Charles Gouyon.
En
1758, les Anglais, qui se replient sur Saint Cast, mettent le feu au
château. Le grand corps de logis et les 2 tourelles sont détruits. Il ne
subsiste de l’édifice de 1571 que l’aile latérale ouest, aboutissant
à la chapelle. C’est dans cette aile que Mme de Gouyon reçut le prince
de Condé en 1585.
Jusqu’en 1777, le Val appartient à la famille de Boisgelin qui vend le château à Pierre Anne Marie de Chateaubriand, oncle de l’écrivain. Il rebâtit en grande partie le château vers 1780 et y demeure pendant la belle saison avec sa femme et ses 6 enfants. Il y reçoit très souvent son neveu François-René.
En 1791, Pierre est informé de l’arrivée de son fils Armand à Jersey. C’est l’époque révolutionnaire. Après la mort de leurs parents, seules deux soeurs rachètent ce qu’elles peuvent des biens confisqués de leurs frères et soeurs. Mais, dès le 14 juin 1801, dans la gêne, elles cèdent à François-Julien Michel de la Morvonnais le Val et ses dépendances.
Durant la révolution, le château du Val a été saccagé par les soldats et les dégâts se chiffrent à 9615 livres.
Le nouveau propriétaire du Val est avocat à Saint-Malo. François de la Morvonnais a un fils, Hippolyte, né en 1802, qui reçoit le Val en héritage. C’est un homme de lettres qui, au Val, établit sa »Thébaïde ».
Il y compose ses ouvrages et y reçoit ses amis, dont Félicité de Lamennais, Maurice de Guérin et François du Breil, ancêtre de l’actuelle Mme Olivier de la Blanchardière. Le 28 Novembre 1826, il épouse sa cousine Marie de la Villéon.
Le 22 Octobre 1832 naît Marie qui, en 1856 épouse Ambroise de la Blanchardière dont les descendants sont encore aujourd’hui propriétaires du Val. Hippolyte de la Morvonnais fonde la paroisse de N.D du Guildo ce qui explique l’emplacement de sa tombe sur la place de l’église.
Un de ses descendants, Hippolyte Poinçon de la Blanchardière, né à Saint-Malo en1858, est maire de N.D du Guildo. Un des petits enfants d’Hippolyte, Georges, né en 1928, meurt accidentellement dans le parc du château, en 1987, laissant son épouse, Eliane Hay de Slade, seule face à la lourde charge que représente un château de nos jours.
Son fils Olivier, abandonne sa formation d’ébéniste afin de lui venir en aide. Le 20 avril 1991, il épouse Armelle Parenteau-Denoël avec laquelle à présent ils gèrent une activité de chambres d’hôtes et de gîtes qui leur permet de conserver le Val dans la famille en espérant pouvoir le transmettre à leurs enfants.